Amazone de la Paix | Association Cheval-Culture

Amazone de la Paix

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L’association a été initialement créée pour supporter le Raid Amazone de la Paix de Laurence Bougault, en 2009.

 
L’AVENTURE EN BREF : 
Laurence Bougault :
Cavalière au long cours française et éleveuse d’akhal-téké, Laurence Bougault a fait ses preuves en 2001 en parcourant plus de 3300 kilomètres à cheval en Afrique du Sud-Est avce deux poneys Basthos. Elle a fait le récit de cette aventure dans Sous l’œil des chevaux d’Afrique, paru aux éditions Belin. Depuis quelques années, elle se passionne pour l’akhal-téké, d’où l’idée de ce nouveau défi équestre, plus ambitieux encore que le précédent : 7000 kilomètres en moins de six mois, avec un cheval turkmène, dont le plus célèbre représentant est l’akhal-téké. Almila :
J’ai découvert Almila lors du premier festival du cheval d’Isfahan qui a eu lieu en Octobre 2007 et auquel j’étais invitée en tant qu’éleveur d’akhal-téké et cavalière au long cours. 
Le concours modèle et allure de chevaux turkmène qui se déroulait pendant le festival, sous le haut patronage de Louise Firouz, comportait 200 chevaux turkmènes venus des quatre coins du pays, et notamment des provinces du Golestan et du Nord Khorassan où vivent encore d’authentiques tribus turkmènes, installées pour la plupart dans la région depuis les années 30.
En arpentant les coulisses, j’ai découvert Almila, bien à l’abri dans son namad et son gelaï. Elle m’a tout de suite semblé idéale pour le voyage au long court. Almila est née dans le Nord Khorassan, au sein du clan Yazdani, très répéuté en Iran pour la qualité de ses chevaux. Le clan élève encore les chevaux « à l’ancienne », c’est-à-dire que les chevaux vivent dans la cour des maisons, attachés à une longue corde, enveloppés dans plusieurs épaisseurs de couvertures de feutre et de coton. Ils sont nourris six fois par jour avec une alternance d’orge et de luzerne. Seules les poulinières sont en liberté dans la montagne en été. Almila, jusqu’à ses 3 ans, a donc vécu dans des conditions proches des conditions originelles de l’élevage à la turkmène. Lors du festival, elle a été acheté par Amir Raisi, un homme d’affaires passionné de chevaux mais qui ne fait que de l’élevage. Elle est donc restée deux ans inactive au box. Après avoir cherché son équivalent un peu partout en Iran, j’ai décidé de contacter son nouveau propriétaire pour lui proposer de me prêter Almila pour le raid et il a accepter.
La tradition turkmène d’élevage en Iran consiste à croiser les deux principaux types turkmènes : Yamoud et Akhal-Tékés afin d’éviter la consanguinité. Ce constant mélange permet de conserver des chevaux d’un type solide, et pas seulement des chevaux de show, loin des apports trop fréquents de Pur-Sang Anglais qui affaiblisse la race.
Le chef du clan Yazdani est un vieil homme à longue barbe, un véritable ata, et il possède une immense connaissance des lignées et des chevaux. Le cheptel de base descend directement des chevaux de l’akhal sur lesquels le clan est arrivé en Iran dans les années 30′. Les Turkmènes d’Iran ne croient absolument pas à une notion étroite de la pureté qui distinguerait akhal-téké et yamoud. Ces deux termes désignent pour eux des types de conformation : les yamoud ont une conformation solide et sont prisés pour leur résistance physique, les akhal-tékés sont d’une conformation plus légère et sont prisés pour leur vitesse. Le brassage génétique entre les deux types permet de faire des chevaux à la fois fins, typés, rapides et solides qui ont beaucoup d’aptitudes, y compris à l’obstacle. Mais la plupart de ces chevaux viennent de la région de l’akhal et les Turkmènes d’Iran sont presque tous des membres de la tribu des tékés. Toujours est-il qu’Almila présente une excellente conformation, elle a d’ailleurs été classée lors du festival, première dans la catégorie des juments de trois ans et première dans la catégorie des juments en général. C’est donc de loin une des meilleures juments turkmènes d’Iran. Dommage qu’elle n’appartienne pas au stud-book russe, elle apporterait un sang neuf très intéressant pour cette race que nous aimons tant.L’aventure :
L’aventure a donc pris corps le 2 avril 2009 après dix jours de durs préparatifs. Je n’avais pas revu Almila depuis 2007 ! Elle avait grandi (160 au garrot) mais avait gardé toutes ses qualités : forte arrière-main, applombs très corrects, très bonne ligne du dessus. Elle possède aussi beaucoup de type : crin rare, longues oreilles, yeux en amande, encolure de téké et on la reconnaît comme un membre de la race au premier coup d’œil. C’est important lorsqu’on veut faire découvrir cette race rare!
Nous sommes parties d’Isfahan avec pour objectif Paris. Tout semblait impossible à première vue : aucun cheval n’avait quitté l’Iran pour aller vers l’Europe depuis au moins la Révolution Islamique ! Aucun accord douanier n’existait. Mais à force de travail, nous avons réussi à ouvrir des portes jusqu’ici fermées. 
Alors que le périple africain avait pour ambition l’autonomie complète de l’équipe grâce à la présence d’un cheval de bât, cette fois-ci, l’objectif est avant tout la vitesse. À ce jour, Dmitri Nicolaïevich Pechkov détient le record enregistré avec un périple de 8838 kilomètres de Blagovechtchensk à Saint-Pétersbourg réalisé du 7 novembre 1889 au 19 mai 1890, soit 193 jours, ce qui représente une moyenne de 45,8 kilomètres par jour en comptant les jours de repos forcés (Pechkov fut malade pendant ce périple) et 57,4 km si l’on ne compte que les jours de marche. Pechkov a réalisé cet exploit seul et sans assistance avec un seul cheval. Mais à l’époque, les chevaux étaient partout et les relais de poste fournissaient le gîte et le couvert pour cheval et cavalier, aucun problème douanier ne se posaient à l’intérieur de l’empire russe, pas d’autoroutes non plus pour compliquer l’itinéraire. 
Pour compenser les difficultés modernes liées à l’itinéraire, à l’approvisionnement en alimentation et lieu de repos pour le cheval, ainsi que les tracas administratifs des passages de frontières, l’équipe avait une assistance minimum: un véhicule et un homme de confiance. Une autre difficulté était l’absence totale d’entraînement d’Almila, le partenaire cheval, qui avait passé deux ans dans un confortable box sans rien faire du tout. J’ai donc décidé de procéder à un entraînement pendant le raid lui-même, en passant progressivement de 30 km par jour à 80 km par jour en fin de voyage. 
Peu à peu, ma jument a gagné en condition physique. Malheureusement, elle a été agressée et largement blessée à la cuisse droite à notre arrivée en Turquie : une entaille de 5 cm de long et 5 cm de profondeur. Malgré cette blessure, Almila n’a souffert d’aucune boiterie, d’aucun échauffement. Elle a cicatrisé correctement et a continué son travail comme un brave cheval d’arme. 
Nous avons très bien travaillé, même pendant les très fortes chaleurs de l’été grec et italien et nous sommes arrivés le 12 septembre 2009 à Fontainebleau après avoir parcourru 6504,2 km en 164 jours et 140 jours de marche. C’est la plus longue distance parcouru dans les temps moderne par un akhal-téké (presque le double des fameux raids Ashgabat-Moscou de 1935 et 1988). 
Ce travail a permis de faire découvrir l’akhal-téké à des pays qui le connaissent encore peu : la Grèce, l’Italie et la France. Et l’événement a fait parlé de l’akhal-téké dans tous les pays que nous avons traversé, aussi bien à la télévision, à la radio, que dans la presse écrite. 
Si nous sommes encore loin du record de Pechkov et Serko, ce n’est pas tant parce que c’est impossible qu’à cause de questions pratiques: 
– Une jument sans aucun entraînement au départ, contrairement à Serko qui était cheval d’armes ; 
– Des pertes de temps liées à l’organisation, par exemple, les trois derniers jours plutôt courts à cause d’une date d’arrivée fixée à l’avance, deux mois imposés en Turquie, qu’on aurait pu faire en un mois et demi ; 
– Des malveillances, en particulier l’agression d’Almila. Si nous repartions maintenant, nous ferions sans aucun doute plus vite car nous sommes toutes les deux en pleine forme. Ce raid a permis d’allier plusieurs aspects du voyage à cheval chers à Laurence Bougault : l’aspect sportif, puisqu’il s’agissait de parcourir cette longue distance dans un temps minimum ; l’aspect culturel, dans la mesure où cette traversée redonnait vie aux itinéraires des grandes migrations de la préhistoire qui amenèrent les peuples de l’Asie Centrale et du Proche-Orient jusqu’à la pointe de l’Europe (en particulier les Celtes) ; l’aspect culturel propre au cheval lui-même puisque l’akhal-téké, cheval rare et prisé depuis la plus haute Antiquité, est à lui seul un objet culturel qui mérite de faire l’objet d’une vraie promotion. Enfin, l’aspect humain, puisque l’akhal-téké a été choisi dans son pays d’origine, le Turkménistan, pour être le symbole de la paix, et que l’équipe a véhiculé ces valeurs de paix en faisant le lien entre deux grandes cultures : la culture moyen-orientale, avec au centre un Islam tolérant qui laisse la place à toutes les religions, y compris celle des Zoroastriens, première grande religion monothéiste, et la culture occidentale, gréco-latine. 
Les retombées pour la race akhal-tékés sont excellentes car le raid prouve encore une fois que l’akhal-téké est un excellent cheval, résistant et rapide, qui devrait être davantage utilisé en endurance.AMAZONE DE LA PAIX EN BREF ET CHIFFRES 
Départ: Ispahan
Arrivée: Fontainebleau
Date de départ: 2 avril 2009
Date d’arrivée: 12 septembre 2009
Pays Parcourus : IRAN- TURQUIE- GRÈCE- ITALIE- FRANCE
Nombre de kilomètres parcourus (données GPS Garmin) : 6555 km 
Nombre de jours total : 164 jours 
Nombre de jours de travail : 140 
Moyenne générale : 39,65 km par jour Moyenne jours de marche : 46,5 km par jour 
Distance maximale parcourue en un jour : 77,4 km 
Vitesse Moyenne au pas : 6,7 km/h
Vitresse Moyenne au trot: 16km/h
Cardiogramme : 28 pulsations par minute 
 
Un ouvrage en deux tomes, illustré de très nombreuses photographies, sous forme de correspondance permet de revivre l’aventure au fil des jours…
 
 
 
 
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