Informations générales sur l’akhal-téké | Association Cheval-Culture

Informations générales sur l’akhal-téké

Des origines perdues dans la nuit des temps

Alors que la plupart des races de chevaux sont de création récente (le Pur-Sang Anglais est créé au XIXe siècle, le Pur-Sang Arabe n’existait pas en Arabie avant le développement de l’Islam…) ou sont essentiellement le fruit d’un terroir (comme les races de traits françaises qui héritent du nom de leur région d’origine), l’akhal-téké possède des origines qui se perdent dans la nuit des temps où il devient pur mythe.

Car bien avant que les Russes créent le stud-book moderne, les chevaux turkmènes, ou turcomans (turcoman signifie turkmène) sont connus pour leurs qualités de chevaux de guerre. Plus encore que les petits chevaux mongols, les chevaux turkmènes représentent le cheval de guerre de la steppe, celui que recherchent aussi bien les Rois de Perses que les armées turques, celui qui se monnaient de la Grèce à la Chine.

Le territoire des Turcomans s’étend sur une ère relativement large qui correspond à l’ère de déplacement des nomades-éleveurs, distribués en tribus, dont les deux plus connues sont les Iomuds et bien sûr les Tekes (qu’on rencontre aussi bien dans l’oasis de l’Akhal du côté de la mer Caspienne que dans la région de Merv à l’Est de l’actuel Turkménistan, à la frontière Ouzbekh). Ce territoire apparaît dans les écrits mythologiques perses sous le nom de Touran.

Les témoignages archéologiques les plus intéressants et les plus anciens sont ceux des tombes ou kourganes de Pazyryk au Kazakhstan. Ces tombes sont par une chance incroyable des zones de permafrost, c’est-à-dire qu’elles ont conservé dans la glace leurs secrets.

Ces tombes date de l’époque des Scythes, il y a environ 6000 ans. Le Pazyryk est un plateau de l’Altaï, à la source de la rivière Kizil, aux confins de la Chine, de la Mongolie, de la Russie et du Kazakhstan.

Deux types distincts de chevaux y ont été trouvés, gelés et souvent parfaitement conservés. L’un, ressemblant au poney mongol ou au Yabou iranien, plutôt massif et trapu, l’autre, nettement plus fin et élancé, ressemblant par sa taille et sa constitution à l’actuel cheval turkmène.

Le mieux conservé de ces chevaux scythes, une jument de 12 à 15 ans d’environ 138 cm au garrot, la hauteur moyenne des chevaux scythes. Elle était isabelle, avec la lueur d’aujourd’hui typiques des souches turkmènes, et a été parée d’un masque avec de grands bois stylisés bois, de cuir et d’une selle richement ouvragée. Elle a la queue nouée. Dans la conformation, en dehors de sa taille, elle est pratiquement identique aux turkmènes modernes. Elle était arthritique de l’arrière-main, donc probablement très boiteuse, ce qui pourrait expliquer les raisons de sa mort sacrificielle, qui a eu lieu, évidemment, d’un coup sur le front.

Au Turkménistan, on trouve sur le site archéologique de Gonur-Depe, une tombe de poulain, qui laisse supposer la naissance de l’élevage dans cette région à l’âge du bronze, il y a plus de 4000 ans.

Chevaux de nomades, chevaux des steppes

Les Turkmènes sont organisés en tribus et chacune développe ses propres secrets d’élevage, ses propres croisements et du coup, ses propres races. Iomud et Téké semblent avoir poussé au plus loin les qualités d’éleveur, augmentant la taille et la vitesse de leurs montures au point qu’elles furent recherchées aussi bien par les Rois Perses que par les Empereurs de Chine.

Parmi les tribus qui ont laissé une trace dans l’histoire des chevaux turkmènes, on peut noter, outre les Teke et les Iomuds choisis par les Russes pour fonder le double stud-book des chevaux turkmènes, mais encore les Goklan et les Nokhorli. Aujourd’hui, on ne rencontre guère que dans les montagnes du Nord de l’Iran des chevaux Iomud et Goklan, reconnaissables à une conformation plus compacte que l’akhal-téké.

Contrairement à la légende, l’akhal-téké, comme ses cousins turkmènes, n’est pas un cheval du désert mais un cheval de la steppe. Comme l’a bien montré Gumilev, la steppe est une zone de prairie naturelle qui se déplace en fonction des variations climatiques, entre la taïga boisée au Nord et le Désert au Sud. C’est la richesse des pâturages dans une zone de précipitations limitées néanmoins, qui à l’origine a permis le développement d’un cheval de haute taille, avec des os solides et de bonnes qualités de vitesse. La présence à l’état sauvage d’une plante hautement nutritive, la luzerne, encore utilisée aujourd’hui dans les élevages d’akhal-téké, a en outre permis de limiter le volume ingéré, favorisant ainsi une ligne dite « de lévrier ». Les apports de protéines, sous forme d’œufs ou de graisse de mouton, permettent là encore d’améliorer l’alimentation du cheval pour augmenter sa masse musculaire sans surcharger son estomac. Bref, le cheval des steppes n’est pas un cheval du désert, qui est fatalement plus petit, comme le pur-sang arabe, étant donné la difficulté à trouver son aliment de base.

Le berceau de la race : chevaux sans frontières des anciens nomades : Turkmenistan, Ouzbekhistan, Afghanistan, Iran

On dit souvent que le Turkménistan est le berceau de la race. Les Russes revendiquent le stud-book. Les meilleurs chevaux modernes sont élevés dans le Caucase. Alors, que faut-il entendre par berceau de la race. Les Turkmènes n’ont jamais eu de territoire fixe. Le « grand jeu » politique entre Anglais et Russe découpa un territoire où de nombreuses ethnies se mêlaient. Les grandes tribus d’éleveurs de chevaux se disséminent sur au moins quatre pays : le Turkménistan, l’Ouzbekistan, l’Afghanistan et l’Iran. Les pratiques d’élevage se perpétuent au sein de la famille et les secrets sont jalousement gardés de même que les meilleures souches. On pourrait dire que le berceau de la race est un berceau nomade, qu’il est le lieu de familles et d’un espace sporadiquement disséminés. Le stud-book moderne ne représente qu’une petite part de la race, fixée tardivement.

Le stud-book moderne à travers les grandes crises du XXesiècle

$l’Akhal Téké est l’une des trois races dites de « Pur sang » avec le Pur-Sang Anglais et le Pur-Sang Arabe dont il est probablement à l’origine.

Natif de l’Asie Centrale et plus particulièrement du Turkménistan, l’Akhal Téké est un cheval des steppes arides du désert du Karakoum où il a vécu en semi-liberté jusqu’à l’arrivée des Russes sur le territoire turkmène. Sa rareté vient de la politique agricole de l’U.R.S.S. qui a tenté de casser le lien qui unissait les nomades et leurs chevaux par la collectivisation des chevaux et leur usage pour la viande, absolument contraire à la tradition turkmène, qui respectait le cheval au point de lui donner une sépulture, comme en témoigne les découvertes archéologiques de la fin du XXe siècle.

Une très longue proximité avec l’homme en a fait un cheval très fin, tant au mental qu’au physique. Très proche de l’homme, il a aussi été sélectionné pendant des millénaires pour ses qualités de vitesse et d’endurance. Les nomades appréciaient en lui l’amplitude des foulées qui le rendait à la fois résistant, rapide et confortable. Ils ont ainsi produit une race de grande taille comparée aux autres races anciennes, élégant et vif, à cause des techniques de combat qui étaient les leurs : raids éclairs et attaques-surprises. Les conquérants du monde entier : les Grecs, les Arabes, les Chinois ont importé chez eux ces chevaux pour améliorer les races locales. Les Anglais ont créé, à partir de chevaux turkmènes, arabes et barbes, le Pur-Sang Anglais, aujourd’hui champion de la vitesse sur courte distance.

Actuellement, l’Akhal Téké est surtout utilisé au Turkménistan comme cheval de course. Cependant, des troupeaux semblent être retournés à l’état sauvage depuis l’indépendance du pays et la privatisation des fermes. Certains sont recueillis par les nomades qui les élèvent alors comme jadis. On peut espérer que ce mode de vie ancestral va connaître, dans les prochaines décennies, un petit renouveau.$

La conquête du territoire de l’actuel Turkménistan par les Russes, retardée par la qualité des chevaux turkmènes et la vaillance des soldats turkmènes, fut la dernière annexion de territoire de l’Empire Russe, au crépuscule du XIXesiècle. L’étalon Boynou, né en 1885, servira de base à l’élaboration du stud-book moderne, bien que d’autres chevaux de grandes valeurs comme Porkhan, Mele ou Mergen fussent aussi remarqué au moment de la création des haras de l’État dans le village de Keshi. À cette époque, le cheptel des chevaux turkmènes s’élevait encore à quelque 40 000 chevaux.

Malheureusement, l’ère soviétique va se révéler désastreuse. La collectivisation des chevaux en 1929 est inadmissible pour la plupart des Turkmènes et beaucoup, qui avaient supporté la colonisation russe, s’enfuient en Iran et en Afghanistan pour ne pas être séparés de leurs chevaux.

Plus tard, la guerre causa aussi de sérieuses pertes au cheptel.

Enfin le coup de grâce se produisit dans les années cinquante, quand le gouvernement soviétique supprima la cavalerie et décida, au nom de la productivité, d’envoyer les chevaux à la boucherie.

Jouant d’une malchance continue, les chevaux Turkmènes sont encore décimés par de violents tremblements de terre.

Le point critique est atteint au milieu du XXe siècle : le cheptel est tombé à 300 têtes !

Le sang anglais (en partie turkmène d’ailleurs) est introduit à Ashgabad, car les courses modernes très courtes ont remplacé les anciennes courses turkmènes de 6000 mètres.

Les temps sont sombres. Heureusement, quelques passionnés vont réussir à sauver la race.

Parmi eux, il faut retenir Maria Tcherkesova et Vladimir P. Chamborant.

Maria, qui s’est éteinte au printemps 2003, a contribué dans sa jeunesse à sauver quantité de chevaux au nez et à la barbe des autorités russo-turkmènes en franchissant allègrement et toujours à cheval la frontière avec l’Iran et en usant de méthodes fort peu orthodoxes mais très efficaces.

Chamborant, disparu en mai 1996, est sans doute « le chercheur-sélectionneur » le plus important du XXe siècle. C’est lui qui a contribué à restituer sa pureté à la race en éliminant de la reproduction les chevaux ayant reçu du sang anglais. Toute sa vie il se bat pour rendre ses lettres de noblesses au cheval Turkmène. D’abord au Turkmenistan puis au haras de Tersk, enfin dans le Caucase, il élève, sélectionne, selon le type et la conformation. Il séduit et passionne de jeunes personnes qui lui succèderont dans ce difficile métier d’éleveur. Les deux plus marquants aujourd’hui sont sans doute Leonid Babaev et Alexandre Klimuk qui possèdent les deux plus importants et prestigieux haras de la race (http://www.stavropol-teke.com,http://www.shael-teke.com/)

Tatiana Riabova aura, elle, marqué de sa détermination les années sombres de la Perestroïaka en continuant à juger inlassablement les akhals dans le monde entiers et en assurant la pérennité du stud-book au plus fort de la crise.

Aujourd’hui, on peut considérer que la race est sauvée même si tout n’est pas réglé et les années à venir devraient encore apporter leur lot de surprises. On espère que d’autres chevaux, notamment les chevaux du Turkménistan, récemment sortis du stud-book pour de sombres raisons politico-monétaires, soient réintégrés. Et pourquoi ne pas rêver aussi que les akhal-tékés élevés en Iran par les tribus Turkmènes ne regagnent un jour un stud-book…

En l’état actuel, le studbook officiel contient plus de 4000 chevaux, ce qui est encore bien peu comparé à d’autres races, mais les amateurs, dans le monde entier, s’efforcent de faire prospérer une race de chevaux de grande valeur.

L’akhal-téké et ses stud-books

En discutant avec mon vétérinaire, je me suis aperçue que beaucoup de gens imaginaient que l’akhal-téké était une sorte de petit sauvage des steppes sans papiers… D’où ces petites informations sur le(s) stud-book(s).

Le premier stud-book de la race akhal-téké est apparue à Mazan, à la direction de l’élevage équin régional transcaspien en 1898. C’est là qu’on a commencé à collecter des informations sur les meilleurs chevaux de la race. Ces enregistrements de chevaux constituent le premier volume du stud-book d’akhal-tékés de pur-sang. Ce travail a été mis en péril par les événements de 1917 mais par chance ce volume a pu être sauvé. En 1926, le travail repris au Turkmenistan pour enregistrer tous les chevaux de pur-sang. En 1932 paraît le second volume, puis, en 1941, le volume III, qui doit beaucoup au travail de Belonogov, considéré aujourd’hui encore comme l’un des meilleurs spécialistes de la race. A cette époque, les stud-books akhal-téké et yomud sont encore regroupés en « Races de l’Asie Centrale ». Le volume IV ne paraîtra qu’après guerre. Depuis lors, le travail s’est accéléré et récemment, le volume X est paru. Ce volume X a néanmoins pâti de la situation politique du Turkmenistan, l’actuel président (Niazov) n’ayant pas aidé à la mise en place d’une structure turkmène comparable à la structure russe par sa qualité et son efficacité, si bien qu’aujourd’hui, malgré les initiatives privées des éleveurs turkmènes les plus aisés, beaucoup de chevaux turkmènes ne sont pas inscrits dans ce volume X, ce qui, une fois de plus, porte atteinte au bon développement de la race.

Actuellement, c’est la MAAK (association des éleveurs d’akhal-téké) qui contrôle le stud-book, appuyée par l’équivalent russe des Haras Nationaux. Grâce au effort de Tatiana Riabova, une structure a été mise en place, qui permet l’évaluation de la qualité des chevaux, par un système de notation triple : une note concerne la qualité des ascendants, une note concerne le type, une autre la conformation du cheval. Le problème actuellement réside dans le très faible nombre de juges, et c’est Tatiana Riabova qui seule estime la qualité d’un cheval, ce qui, évidemment, est toujours sujet à caution. Mais les choses semblent déjà en train d’évoluer et les années à venir devraient voir le nombre de juges indépendants augmenter sensiblement.

Les chevaux sont extrêmement bien connus et les archives sont nombreuses. La persistance de l’importance des lignées en est un des signes les plus apparents. Tatiana Riabova a d’ailleurs consacré un livre à ces lignées pour expliquer comment les croiser judicieusement. Il n’est malheureusement disponible qu’en russe.

En France

Depuis 2004, la France est le premier pays à posséder son propre stud-book, grâce aux efforts de l’ATF (association Akhal-Téké France). Il est géré par les Haras nationaux et le SIRE. Malheureusement, jusqu’à présent, une majorité d’éleveurs français refusent d’accepter la notation de leurs chevaux, pourtant indispensable pour établir des critères de qualité. Du coup, peu de chevaux français possèdent ces fameuses notes, qui répartissent les chevaux en classe (élite, classe I et classe II), donnant ainsi des indications quant à une possible carrière à l’élevage. Ce refus, s’il semble protéger les éleveurs français, entrave en même temps le développement de la race et contient une véritable menace : celle de voir sévir des éleveurs peu scrupuleux, qui n’hésitent pas à vendre des chevaux de mauvaise qualité. Il s’explique en partie à cause des critères peu professionnels de la notation russe, mais rien n’empêche à l’avenir que nous nous efforcions de créer des évaluations plus solides et plus axées sur le sport car l’Akhal-Téké peut être un cheval très polyvalent : doué pour le dressage mais aussi pour la course et l’obstacle, il devrait faire son apparition de plus en plus fréquemment dans les courses d’endurance, les compétitions de dressage ou le Concours complet d’équitation.

Caractéristiques

L’akhal-téké est un Pur-Sang. Il partage certaines de ses qualités avec le Pur-sang Arabe et le Pur-Sang Anglais. Mais il possède une ligne caractéristique, notamment à cause de la longueur de son dos et de la finesse de son encolure, qu’il porte très haut, véritablement en col de cygne. Il est généralement sec, fin, longiligne, avec « beaucoup d’air sous le ventre », mais possède aussi une forte constitution et une charpente solide du point de vue osseux.

  • La tête est longue, finement ciselée, généralement avec un front large et des oreilles longues, portées très haut.
  • Les yeux sont grands et expressifs, dessinés en amandes.
  • La nuque est longue et portée souvent presque à la verticale.
  • Le garrot est très développé voire proéminent. Le corps est long et fin.
  • La poitrine est plutôt étroite.
  • Les jambes sont fines avec des tendons forts et saillants. Le paturon est long et extraordinairement flexible. Il s’appuie sur un sabot généralement fuyant, à la corne très dure.
  • La peau est fine et le poil présente la caractéristique de réfléchir la lumière d’une manière particulière. Certains spécialistes considèrent que c’est parce qu’il est fourchu que ce poil diffracte la lumière, ce qui crée les fameux reflets des robes de l’akhal-téké.
  • La crinière est rare et le toupet quasi inexistant.
  • Le studbook de 1981 (Vol. VI) enregistrait les mensurations moyennes pour un étalon : 157.6 (hauteur au garrot), 160.1 (longueur du corps/tronc, mesuré en diagonal), 176.4 (tour de poitrine), 18.8 (circonférence du canon) et pour une jument 157-159-175-18.7. Douze ans plus tard, en 1993, les statistiques pour les étalons, faites sur 190 chevaux de 13 pays (dont 88 du Turkménistan, 51 de Russie et 21 du Kazakhstan), montraient une augmentation de toutes les mesures sauf la longueur du corps : 159.2-160.0-177.5-19.18. Les chevaux élevés en Europe sont généralement plus forts. Aujourd’hui les étalons font en moyenne 160 au garrot. On comprend mal dès lors la politique de sélection du stud-book français qui classe en A des étalons de moins d’1,55 cm…

ROBES

Toutes les robes sont admises, mais l’akhal-téké a la particularité de posséder des robes rares, notamment, l’isabelle doré et le cremello. De plus, une majorité des sujets présente la caractéristique unique de posséder une structure de poil telle qu’elle réfléchit la lumière pour produire à la surface des reflets métalliques. C’est l’or des akhals depuis Hérodote…

Reflets d’Abdoula Khan, bai cerise doré.

 

Reflets d’Orion, isabelle foncé

 

Reflets de Plyanjanya, isabelle foncé

 

Reflets de Patysha, isabelle foncé

 

La robe la plus prisée est l’isabelle doré clair. Les Européens et les Américains apprécient aussi le cremello. Les chevaux de cette robe ont généralement les yeux bleus. Les Turkmènes évitent de choisir ces chevaux comme reproducteurs, parce qu’ils les considèrent plus fragiles que d’autres. De fait, ils ont les yeux et la peau clairs, ce qui offre un risque de sensibilité aux rayons du soleil et peut être source de mélanome quoique je n’ai jamais croisé un  avec ce problème. En revanche, ils sont très appréciés pour le spectacle. Alexis Grüss, par exemple, présente un numéro avec des  cremellos, parce qu’ils sont peu courants et ressemblent assez à l’image qu’on se fait d’un Pégase.

Les autres robes courantes sont : l’isabelle, le bai, l’alezan, le noir. Le noir, outre qu’il offre une bonne résistance aux agressions extérieures, est plutôt recherché car les reflets métalliques qui s’y ajoutent lui donne un brillant incomparable.

APTITUDES ET CARACTÈRE

La conformation de l’akhal-téké moderne lui confère une grande polyvalence sportive mais l’absence de sélection méthodique et la menace d’extinction qui a pesé sur lui suite aux excès des soviets, ont entraîné un vrai retard quant aux performances de haut niveau. Certaines lignées s’illustrent en course au Turkménistan et en Russie. D’autres possèdent l’élégance des allures et la puissance qui font un parfait cheval de dressage, la lignée Arab est sans doute la meilleure dans ce domaine. La puissance de leur arrière-main en fait généralement de bons sauteurs. Leur passé dans la steppe leur assure des tissus très secs, comparables à ceux du pur-sang arabe et un rythme cardiaque plutôt bas. Ils sont donc aptes aux épreuves d’endurance.

Dans les années à venir, ils devraient pouvoir faire leurs preuves en France dans des disciplines aussi variées que le dressage, le CSO, le complet ou l’endurance, à condition qu’ils trouvent des cavaliers.

Contrairement à la légende, la plupart des akhal-tékés sont calmes. Le fait qu’ils soient depuis des millénaires au contact de l’homme contribue à un tempérament très proche de l’humain. On dit que ce sont des chevaux à vouvoyer, parce qu’ils ont horreur de la violence. Ce ne sont pas des chevaux qui aiment changer de main. Ils apprécient d’avoir un seul cavalier, auquel ils s’attachent et envers qui ils sont capables de faire preuve d’un véritable dévouement.

Pour conclure, ce sont des chevaux généreux, mais qui nécessitent du tact. Ils sont donc à déconseiller aux cavaliers débutants. Ceux d’entre nous, plutôt rares, qui aiment les chevaux de sang, les apprécieront particulièrement. Moins tolérants que des Lusitaniens ou des Selle Français, ils sont aussi plus brillants pour ceux qui aiment travailler en finesse. On leur demande leur coopération, on ne saurait les contraindre. Quand ils la donnent en revanche, ils donnent tout, jusqu’à la mort parfois.

 

AKHAL-TÉKÉ DANS LES SPORTS ÉQUESTRES

 

Les Courses de galop

 

Les Turkmènes ont toujours été passionnés de courses, entraînement logique d’un cheval de razzia.

Les s arrivent en seconde position pour ce qui est de la vitesse sur le plat. Les records suivants ont été enregistrés pour la race :

1000 m – 1.03,9;

1200 m – 1.16,7;

1400 m – 1.28,5;

1500 m – 1.40,2;

1600 m – 1.43,6;

1800 m – 1.57,0;

2000 m – 2.11,5;

2400 m- 2.41,6;

2800 m – 3.09,6;

3000 m – 3.00,5;

3200 m – 3.40,9;

4000 m – 4.39,2.

 

Alors, à quand des courses en Europe comme il en existe au Turkménistan et en Russie. Les Pur-Sang Arabes ont bien montré qu’ils pouvaient attirer les turfistes. Pourquoi pas les akhals ? C’est sans doute une affaire de quantité. Ils sont si peu nombreux qu’il paraît difficile de choisir actuellement un secteur de développement.

 

Les disciplines olympiques

 

       Dressage

 

L’étalon Absent détient à ce jour le record d’excellence en dressage : sept fois champion national de dressage en U.R.S.S., champion olympique à Rome en 1960, médaillé olympique en 1964 et 1968. Les points d’Absent en dressage : 82,4% n’ont pas encore été égalés à ce jour.Ses descendants, Abakan, Arguvan, Dombai et d’autres furent longtemps dans l’équipe nationale russe de dressage.

Aujourd’hui, l’ est rare sur les carrés de dressage, comme tous les chevaux de sang. Trop fins, trop réactifs, absolument inadaptés aux méthodes brutales de la compétition des dernières décennies, ils attentent peut-être que le dressage moderne cesse de dériver.

 

       CSO

 

Le père d’Absent, Arab, participant du Ashgabat-Moscou de 1935, devint champion dans la Coupe URSS à 16 ans. Il sautait 2m12.

Le petit Poligon détint pendant longtemps le record de saut en hauteur russe avec 2m25.

A l’époque où le saut en longueur était une discipline équestre, Perepel vola au-dessus de 8m78.

Les akhals sautent très bien. Ils manquent sans doute de force pour atteindre les plus hautes barres, mais leur application au travail et leur franchise pourrait en faire des compagnons exceptionnels pour le hunter.

 

Le concours complet

 

Pratiquement inconnus sur les épreuves de concours complet peu développées en Russie et en Asie Centrale, l’ pourrait y apporter du sang neuf. En France, on sait que les Pur-Sang Anglais et les Anglo-Arabes sont souvent finalistes. Les s ont toutes les qualités pour devenir champions de complet : beauté, allures développées avec en particulier une incroyable extension, puissance pour sauter, sang-froid pour le cross, et une grande facilité pour apprendre et comprendre devraient en faire de merveilleux partenaires de l’unes des disciplines les plus exigeantes de l’équitation.

 

Endurance

 

L’Akhal-téké est aussi promis à une belle carrière d’endurance.

En l945, l’étalon Tarlan gagna une course de 500 km (et oui, ça existait !) dans laquelle huit races étaient engagées. Aujourd’hui en Europe quelques akhals sortent en 160 km et sur d’autres courses internationales.

 

L’AKHAL-TÉKÉ EN FRANCE ET EN EUROPE

 

L’akhal-téké possède son propre stud-book français depuis 2004. Il existe environ deux cents cinqante chevaux en France. Il s’agit donc encore d’un cheval rare et très peu représenté dans la compétition car peu de sujets sont en âge d’y participer.

Malheureusement, si les akhak-tékés sont rares, plus rares encore sont ceux qui sont entre les mains de gens de chevaux. Leurs beaux reflets sont aussi leurs pires ennemis… Autre difficulté : le prix. Chevaux de luxe en Russie, ils se vendent très (trop ?) chers, décourageant beaucoup de bons cavaliers et attirants des amateurs peu éclairés qui espèrent rentabiliser par l’élevage leurs investissements (ce qui en soi est la preuve de leur méconnaissance du monde du cheval). Trop de débutants achètent un poulain mâle qu’ils refusent de castrer et qui devient ensuite, faute d’une éducation correcte, un vrai démon qu’on laisse au fond d’un pré, faute de pouvoir le monter. C’est dommage. Lorsqu’ils trouvent un propriétaire à la hauteur de leurs talents, leurs qualités se font jours. Ils apprennent vite et sont très généreux dans l’effort.

Notons par exemple, en Angleterre, le cheval Aschir, monté en concours complet par sa propriétaire Jacqueline Bradbury et qui réalise de nombreux sans faute depuis 2009 dans le British Eventing One Day Events, gravissant les échelons au point que sa cavalière espère réussir à se qualifier pour les épreuves de FEI 1* d’ici la fin de la saison.Aschir est malheureusement le seul akhal-téké qui participe au « British Eventing ».

En 2006 en France, on dénombrait 14 participants akhal-tékés dans cette discipline : 4 d’entre eux ont participé à des courses de niveau national et un hongre de 11 ans, Mazan, s’est classé 6e dans une épreuve internationale CEI*** (140 km) à Bonifacio. Si on ramène ça en pourcentage, on peut dire que ce sont des résultats très satisfaisants.

Côté élevage, la France doit encore progresser et ne plus servir de déversoir aux chevaux de qualité douteuse dont les Russes ne veulent pas. Que les éleveurs ou futurs éleveurs se rappellent qu’un bon akhal-téké, c’est d’abord un bon cheval, comme la jument Guilary par exemple qui, arrivée 2e au championnat du monde virtuel de la race en 2005 est arrivée avec son poulain Yagmyr (2009) 1ère aux championnats de France de chevaux de couleur dans la catégorie jument suitée, en 2009. Son poulain, lui s’est classé 3e aux championnats de France de chevaux de couleur dans la catégorie Foal, en 2009.

 

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