Rando au pays du Mont-Blanc : Abdoula, Habiba Loup et Lau, vu par Loup | Association Cheval-Culture

Rando au pays du Mont-Blanc : Abdoula, Habiba Loup et Lau, vu par Loup

 

 

J-2, 1, 0 et 1 : Le départ

 

Enfin la randonnée tant attendue. Depuis l’année dernière où nous avons fait quatre jours de randonnée en Bretagne, je rêve de repartir. Cette année ma mère a prévu de nous emmener dans les Alpes. Or, les Alpes, c’est loin. N’ayant pas vraiment le temps de faire l’aller retour Bretagne-Alpes à cheval en 2 mois, nous les emmenons en van. Nous faisons le voyage en deux jours, faisant escale chez Éliane, une amie de ma mère. Une bonne occasion de retrouvailles ! Une fois arrivés à Chamonix, nous laissons une petite journée de repos à nos chevaux, qui sont parqués non loin, aux Bossons. Et puis, le lendemain, le 23 Juillet, nous partons enfin.

Nous partons en marchant pour ne pas fatiguer nos chevaux le premier jour, puis, après avoir cherché en vain un chemin pour rejoindre les Houches, nous passons par la route pour retrouver le chemin qui est sur l’autre versant. La traversée des Houches est bien stressante : camions, bus, etc. Pour ne pas passer sous le pont, nous prenons la piste de ski, puis rejoignons un grand chemin menant au col de Voza. Ca grimpe dur! La piste de ski est très mouillée mais, un peu plus loin, ça s’arrange et nous nous arrêtons pour manger. Nous dessellons les chevaux, les laissons brouter et nous nous reposons de nos premières émotions. Nous repartons vers 13h. Nous arrivons deux heures plus tard, après un premier gros effort ! Il faut s’habituer à la montagne ! Nous ne sommes pourtant pas encore arrivés, car il nous reste encore 1h de descente avant notre destination : Bionassay. Nous arrivons là-bas, et, comme le temps est à la pluie, nous décidons de dormir en gîte. Nous sommes accueillis très sympathiquement et sommes invités à desseller nos chevaux et à les emmener dans le pré du gîte. Chose faite, nous demandons une chambre. Comme nous n’avons pas réservés, rien n’est très sûr ! Mais on nous trouve quand même une place au dortoir, avant de nous caser pour le repas. L’adresse est bonne ! C’est complet ! Nous faisons connaissance avec nos deux seules camarades de dortoir, une mère et sa fille de 10 ans qui viennent de terminer le tour du Mont-Blanc. A 10 ans ! Super. C’est après un copieux repas (lasagnes, gâteaux), que nous nous couchons dans les environs de 21 heures. Cette journée se finit, avec quelques petites courbatures, preuve des bons 15 km que nous avions fait sur des pentes bien raides.

 

Jour 2 : Roselette

 

7h : La première lumière se fraye un chemin dans le dortoir, le réveillant délicatement, sous les bruits des duvets qu’on range. Nous prenons notre petit déjeuner, et il est 8h quand nous partons, les chevaux sellés. Notre objectif est de rejoindre les Contamines à midi, pour dormir à Nant-Borrant. Nous essayons d’abord de prendre un chemin qui pique vers le torrent de Bionassay pour rejoindre la vallée mais il est trop escarpé et maman ne veut prendre aucun risque avec nous, nous choisissons donc la route qui rejoint le Bionnay au fond de la vallée du Bon-Nant, que nous n’aurons plus qu’à longer pour arriver aux Contamines. Nous y passons une heure de longue descente, avant d’arriver au chemin. De là, il y a un magnifique chemin droit menant directement aux Contamines. C’est alors que je monte à cheval pour la première fois de la rando ! Mais monter à cheval sur les chemins de montagne n’est pas rassurant. Je descends au bout de quinze minutes, trouvant que c’est trop étroit… Mais on remonte quand c’est facile. Petit à petit, je prendrai de l’assurance et Habiba aussi. Nous arrivons au Contamines à midi. Maman ayant une clôture de rando, nous tirons le fil d’un côté, l’autre étant gardé par le torrent. Maman part 5 minutes acheter du pain, et revient avec un repas chaud à emporter ! C’est bon ! Nous repartons à 14h après une bonne pause. Direction Nant-Borrant. Au bout d’une heure de beau chemin où nous montons sans problème, nous arrivons sur une allée en pierre plate, l’allée romaine. C’est impressionnant car ça glisse ! Heureusement, les chevaux sont ferrés avec des clous en tungstènes. Nous arrivons à Nan-Borrant, où nous nous arrêtons au gîte. Le patron nous suggère de continuer une heure pour aller au châlet de Roselette, où il y a des chevaux. Nous nous laissons convaincre et reprenons la route. Nous arrivons là-bas fatigués, on nous acceuille, et nous mettons les chevaux dans un grand paddock. Abdoula est un peu agité, en bon étalon, parce qu’il y a des chevaux en face. Mais il se tient très bien, pendant que les propriétaires nous racontent leurs mésaventures avec d’autres entiers… Nous mangeons vers 19h et nous couchons. Ca ronfle dur dans le dortoir mais je suis trop fatigué pour que ça me dérange… Maman en revanche…

 

J3 : Habiba a des courbatures !

 

Matin, nous petit-déjeunons. Nous mettons les bandes aux chevaux, et nous nous apercevons qu’Habiba boite. Maman évalue la boiterie. On est obligé de rester au gîte pour la journée. Hier, mine de rien, nous avons fait 500 mètres de dénivelée négative et 1060 mètres de dénivelée positive, ce qui fait beaucoup pour ma jument qui ne sort que le week-end à la maison… Maman est inquiète mais pense qu’un jour de repos suffira.

 

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J4 : Remise en forme

 

Aujourd’hui, Habiba ne boîte plus. On décide de rester au gîte le matin, puis de repartir l’après-midi et faire une petite étape. Nous partons vers 14h direction les Contamines, le retour, mais cette fois nous prenons la piste de ski, bien plus facile que le chemin par lequel nous sommes arrivés. Nous longeons un chemin de cross-vélo, les remontées mécaniques intriguent Habiba. Abdoula lui a l’air un professionnel blasé. Il est en pleine forme et indifférent à ce qui se passe. Nous y arrivons tôt, et cherchons un carré d’herbe pour parquer les chevaux. Mes grands-parents passent nous voir. Du coup, le ravitaillement est simplifié ! Un couple tout près nous propose de placer les chevaux dans leur carré d’herbe. Super ! Nous dormirons sous la tente dans leur jardin. Ce sont des gens formidables ! Ils viennent d’adopter un second enfant, un jeune congolais de 6 ans qui est très heureux de voir les chevaux. La maman a elle aussi un cheval en région parisienne et nous lui donnons des idées… La liberté, ça fait envie !

 

J5 : La Combe

 

Nous nous levons vers 8h, prenons notre petit-déjeuner, et n’ayant encore une fois pas une très grosse étape aujourd’hui, nous attendons 10 heures avant de partir. Nous nous dirigeons vers la Combe. Je ne me rappelle pas bien de ce jour, hormis le fait que la pause de midi fût nulle, à cause du passage de mûles et de la présence des taons en escadrons. C’était une journée plutôt facile car peu de dénivelée. Maman veut être sûre de ne plus être arrêtée par des courbatures… C’est la région des jolies petites chapelles baroques.

Le soir un fermier nous prête un pré déjà clôturé, c’est le luxe ! et nous plantons la tente de bonne humeur.

 

J6 : Combloux

 

Nous partons vers 9h cette fois. Pour rejoindre le chemin, il y a deux options : la route (dangereuse) et un grand détour moins passant. On choisit le détour. Mais on peine à trouver le bon chemin… Celui du baroque, qui est fléché dans l’autre sens… Du coup nous sommes tantôt sur la route, tantôt sur le chemin. Trop de route ! Nous continuons d’avancer jusqu’à midi. Arrivé midi, nous posons les chevaux dans une pâture bordée de ficelles. Nous tendant le fil là où c’est ouvert mais par négligence nous ne faisons pas le tour ! Et soudain on voit les chevaux prendre le chemin ! Branle bat de combat ! Abdoula en tête, plein de clownerie, part on ne sait où, suivi par Habiba qui ne le quitterait pour rien au monde ! Si on court, ça trotte ! Donc c’est pas simple ! Il y a deux promeneurs en face, maman leur crie de tendre les bras mais ils doivent se croire dans un jeu télé, ils se rangent et tendent les bras au lieu de bloquer les chevaux ! Ce serait comique si on ne leur courait pas après ! Un peu plus loin heureusement, une factrice pas bête comprend et laisse sa voiture en travers ce qui ralentit nos comiques. Maman bondit pour passer devant et attrape Abdoula au licol. Fin de l’escapade qui n’aura duré que quelques minutes bien stressantes ! Maman me dit de défaire une bande de ma jument. Je m’exécute, et comprends enfin son plan : nous mettons tous les deux une bande sur notre licol, en guise de rênes, et nous montons, à cru et au trot ! Non mais ! Nous finissons la pause déjeuner avec les chevaux en longe. Nous repartons. Après une heure de route bien en pente, nous arrivons au Bettex. De là, il nous reste encore une bonne heure et demie, mais sur un bon chemin en descente douce. Nous arrivons au centre équestre de Combloux, situé au Feug où un ami de maman, nous conduit vers notre capement du soir… On y desselle les chevaux et plantons la tente. Y a pas trop d’herbe mais Rob nous amène de l’aliment pour les chevaux… Il y un ruisseau où les chevaux peuvent boire. C’est relax ! Nous mangeons dans une crêperie puis allons nous doucher chez une autre employée du centre équestre avec qui on passe un bon moment.

 

 

J7 : Saint-Nicolas

 

On prépare le café, et on mange les croissants que Rob nous a amenés, puis on lève le camp et on selle. On remonte la petite route qui nous ramène au centre, on dit aurevoir et on repart. Direction le Bettex premièrement. On traverse d’abord la nationale à pied, et je suis un peu lent si bien qu’Habiba a peur et fait un écart dans le pré ! Heureusement, maman vient nous aider à nous dépétrer du fil de clôture… Nous retrouvons vite le chemin et on remonte. Nous faisons notre pause à Prapacol, juste avant le Bettex, en empruntant la pelouse d’une ferme dont les propriétaires semblent en vacances… Nous remplissons nos bouteilles d’eau au ruisseau, et nous nous reposons après avoir mangé un bon casse-croute. Nous repartons vers 14h. Nous arrivons au Bettex en une demi heure, puis décidons d’aller dormir à Saint-Nicolas. Nous prenons donc le chemin du baroque, qui y mène directement et cette fois, pas de route. Le chemin est plutôt facile, et nous y arrivons sans problème. Maman repère une pâture à vache vide et se renseigne auprès du voisin. Les vaches sont parties ce matin. Le bac à eau est encore là. Une pâture idéale ! Juste à côté une place pour la tente. Un peu plus loin le village où maman achète une bonne tarte maison et plein de bonnes choses. Ca y est, nous sommes tous les quatre bien entrés dans la rando, les choses deviennent plus faciles et plus agréables. Demain Servoz.

 

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J8 : Servoz

 

Nous nous levons en pleine forme sous un joli soleil. Il fait beau. Nous faisons le café, plions la tente et la mettons au soleil pour qu’elle sèche. Je vérifie que les chevaux sont bien là : c’est bon. On selle vers 10h. Nous prenons la direction de Servoz, où nous devons être hébergés par un ami de ma mère. Nous redescendons d’abord au Bionnay, puis grimpons au col de la Forclaz, c’est raide ! Nous faisons la plus grosse pente, qui attaque la gorge encaissée, à pied et j’en bave à suivre le rythme des chevaux ! Peu à peu c’est moins dur et l’horizon s’ouvre sur un paysage merveilleux. Un bachal nous permet de faire boire les chevaux. Nous avançons bien, suivant le chemin, et atteignons le col gaiement. La pluie se met à tomber, pas trop fort mais assez pour que nous renoncions à la pause de midi. Après le col, redescente sur Servoz. Petite complication vers la fin, nous ne trouvons pas le chemin piéton pour traverser l’autoroute. Heureusement, un habitant nous renseigne. Le chemin est très escarpé, et nous faisons très attention que les chevaux ne glissent pas. Nous arrivons juste avant le retour de la pluie, nous dessellons. L’accueil est cool, car l’ami de maman est aussi le père d’une amie à moi, la journée se finit donc en rigolant, les chevaux dans la pelouse, avec de l’herbe. Habiba en profite pour se coucher… La dénivelée, ça fait les cuisses et ça fatigue !

 

J9 : Repos

 

Nous ne montons pas à cheval aujourd’hui. Il pleut et nous profitons des bons moments avec nos amis.

 

J10 : Anterne

 

Aujourd’hui grosse étape. Habiba commence à prendre un peu de résistance. Nous allons au lac d’Anterne. Enfin une vraie belle grande étape de montagne ! 1400 mètres de dénivelée positive + 300 mètres de dénivelée négative, ça promet. Nous partons sans nous presser. J’ai mal sellé, maman est furax ! Puis nous devons faire demi-tour à cause d’un fil à vache qui nous bloque le passage (le fil est fait de manière à laisser passer les piétons, mais les chevaux ne passent pas). Nous prenons donc la route mais pas longtemps. Maman connaît bien ce coin. Le chemin est large, avant les 4×4 pouvaient l’emprunter mais c’est maintenant interdit : un chemin idéal pour les chevaux ! Nous trouvons un endroit sympa pour prendre notre pause déjeuner. Nous dessellons et tenons les chevaux en longe, pendant que nous mangeons notre sandwich. Un veau vient même contrôler notre identité, et nous surveille pendant que nous mangeons. Nous repartons, et nous retrouvons nez-à-nez avec une autre fil à vache. Cette fois-ci, nous décalons le fil de manière à pouvoir passer, puis le remettons. Nous répétons l’opération à l’autre bout du pré. La pente est forte mais régulière et sur la piste à 4×4 nous atteignons sans problème le refuge de Moëde-Anterne. Il nous reste le plus dur à faire : le sentier piéton qui mène au col d’Anterne : étroit, très raide, et glissant. À pied donc ! C’est dur ! On croise des touristes avec un âne de location. Maman n’a pas trop confiance… Mais Abdoula est super sage. Ouf, enfin le col ! Le paysage est grandiose ! On ne voit pas encore le lac. Je me demande si c’est encore loin ! Dans la descente, nous passons même sur quelques névés. Nous arrivons au lac, plantons la clôture de rando de manière à ce que les chevaux puissent boire, et nous montons la tente. Nous nous faisons un petit café, parlons un peu et admirons le paysage fantastique où nous sommes. C’est le paradis ! Demain nous rentrons à Servoz, déjà le dernier jour de la rando.

 

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J11 : Retour à Servoz

 

Il est 8h, comme d’habitude nous prenons notre petit déjeuner, nous plions la tante et nous partons. Nous refaisons le chemin à l’envers, la côte devenant maintenant une descente, ce qui, pour les chevaux, est encore pire. Nous passons néanmoins cette descente sans blessure. Les chevaux assurent vraiment ! Même pas une glissade ! Nous faisons une petite pause et nous reprenons la piste à 4×4. À 13h, maman décide que pour le dernier jour, nous mangerons au resto. Nous nous arrêtons donc dans un resto sympa, dessellons et plantons la clôture de rando assez loin pour n’embêter personne, mais assez près pour que nous puissions les surveiller. Nous mangeons des beignets de pomme de terre, trop bon ! Nous repartons vers 14h 30. Nous refaisons le même chemin, tout me semble facile maintenant. Nous arrivons je crois vers 17h30. Habiba est quand même bien fatiguée. Abdoula, lui est en pleine forme.

 

J12 : Préparation du départ pour maman, rien faire pour moi.

 

Maman passe la journée à préparer le départ, mais n’ayant pas besoin de moi, elle me laisse jouer à Servoz, du coup encore une journée glandouille pour moi. Et voilà, deux jours de van et de conduite et nous revoilà en Bretagne. Habiba a pris une belle silhouette de sportive… Retour aux galopades en Brocéliande après 3 jours de repos bien mérités !

 

 

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