Abdoula Khan | Association Cheval-Culture

Abdoula Khan

ABDOULA KAN, étalon Akhal-Téké, lignée EL

Née en France le 05 mai 2003 de YUNUVICH 1 et de PIREMLI

                    N° sire 60 019 333 T — Passeport russe n° 015-E/04

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Abdoula présente une conformation très équilibrée et un caractère très calme. Bai doré, il est de taille moyenne, avec de bonnes allures, très peu de blanc (une très petite balzane herminée), un dos pas trop long et une arrière-main puissante. Ses allures sont aériennes et coulantes.

Il a été manipulé très jeune et respecte l’homme naturellement. Son débourrage a débuté au printemps 2005 s’est terminé en 2006. Depuis, Abdoula a été travaillé dans l’optique d’un développement musculaire de type course, entraîné sur des distances variant de 15 à 30 kilomètres, travaillé sur le plat et sur des obstacles naturels. Il a commencé depuis 2010 un travail un peu plus fin.

C’est un cheval exceptionnellement attachant, très fin et peu réactif, contrairement à certains entiers. Il est très délicat avec les juments avec lesquelles il vit au pré.  C’est le véritable ami et Laurence espère faire une longue route avec lui…

Abdoula & Laurence ont représenté la race en 2008 au salon du cheval de Paris, en 2010 au Haras de Vendée, en 2011 au CSO pro 1 de Montfort.

Ils ont travaillé avec Patrice Franchet D’Espèrey, Bernard Sachsè et Sylvain Beaulieu.

Premières leçons d’Abdoula Kahn et Laurence avec Patrice Franchet d’Espèrey, 2010.

Cet été, nous avons eu la chance de prendre quelques leçons avec Patrice Franchet d’Espeyret, l’auteur entre autre de la Main du Maître, dont l’équitation bauchériste me semblait particulièrement adaptée aux chevaux de sang et à ma philosophie de l’équitation. Il y avait bien dix ans que je n’avais pas travaillé dans un manège et ce fut un vrai plaisir.

L’essentiel du travail a porté sur l’analyse des résistances d’Abdoula, situées essentiellement dans la nuque et la mâchoire. Nous avons donc revu sous l’œil du Maître la cession de mâchoire, la décontration de l’encolure, le soutien de l’encolure, et la cession de la nuque, qui est le principal point de force de l’encolure d’Abdoula. Le Maître m’a fait l’honneur de monter Abdoula et l’a trouvé souple et facile. Reste à mettre la cavalière au niveau du cheval.

Deux exercices ont été particulièrement travaillés : la flexion sur rêne d’ouverture avec les hanches poussées vers l’extérieur pour obtenir une descente d’encolure avec décontraction et étirement de toute la ligne du dessus, et le cercle sur rêne d’appui avec le bout du nez à gauche et une bonne ouverture de l’encolure dans le but d’obtenir le soutien.

Abdoula avait pris l’habitude de passer derrière la main en contractant la nuque, il a donc été question d’obtenir de lui la décontraction de la nuque, et l’obéissance de la bouche à la main.

Un début donc sans grand fracas mais en assurant chacun des moments qui doivent conduire vers le vrai rassembler et la vraie légèreté.

J’ai mesuré à quel point travailler seul est souvent difficile, un cheval peut sembler placé et ne pas l’être réellement. Les photos sont trompeuses et rien ne remplace les sensations.

Avec Joël qui profitait aussi de ce moment d’exception, nous nous sommes souvent demandé pourquoi tant de contradiction entre cette équitation-là et celle qu’on nous enseigne souvent. Nouvelle manière de demander le départ au galop notamment, qui nous a passablement décontenancé au début…

Le bilan de ces quelques jours de travail en manège est des plus intéressant pour nous, dans la mesure où il nous a permis de sentir un certain nombre de chose qui restaient par trop abstraite, comme notamment le soutien.

Ce travail intéressant se poursuivra dans les années à venir.

Stage chez Bernard Sachsè, février 2011.

 Je pose ici quelques notes sur le stage fait il y a un an chez Bernard Sachsè car la vie m’a emportée sans que j’aie eu l’occasion de remercier ce grand monsieur par un petit texte sur le travail effectué.

Après le stage avec Patrice Franchet d’Espèrey qui m’avait permis de prendre contact avec les flexions, le travail de Bernard était plus « traditionnel » disons, avec une attitude rond et bas mais pas dans la poussée, plutôt dans la décontraction, ce que finalement je trouvais très complémentaire avec le travail précédent. En travaillant beaucoup en étirement, on fait ce que d’autres sports appellent du renforcement musculaire. Ca c’était pour Abdoula. Pour moi, le travail était d’abord un travail de prise de conscience de l’ensemble de mon corps dans ses équilibres et ses déséquilibres, surveillance de l’affaissement du côté gauche, travail très oriental de centrage des forces. L’ensemble était assez convaincant, car j’y ai gagné en assiette et Abdoula en force musculaire dans la décontraction…

J’ai aussi beaucoup aimé travailler dans cet état d’esprit plutôt zen et oriental, emprunt d’une grande rigueur et d’exigence sur le détail juste. C’est de cette conscience de soi, de la prise en compte de l’unité profonde entre l’esprit et le corps, que Bernard a réussi à vaincre le handicap de l’absence de jambes et du coup c’est un travail qu’il est à même de transmettre aux autres, avec la richesse de culture et d’idées qui le caractérise, sa générosité sans concession et son amour des chevaux…

Stage Abdoula, Priska et Laurence chez Sylvain Beaulieu, 2012.

Il n’est jamais simple de parler d’un stage. On peut sans doute rappeler le programme : travail sur la mise en place de l’intention avant l’action, reprise des bases du langage corporel du cheval, mise en place des éléments dans un ordre immuable et progressif : direction, trajectoire, allure vitesse.

Le souci, c’est que tout ça est bien connu des uns et les autres n’y comprendront rien de plus !

Je renvoie donc aux livres référents du travail que nous avons fait : Dorsi/Antoine : L’équitation, une affaire de comportement, Faverot de Kerbrech Dressage méthodique du cheval de selle, et Dominique Barbier : Nouvelle image de l’équitation. (Évidemment, je ne peux rien pour ceux qui pensent que les livres servent à rien ! On ne pourra pas sauver tout le monde, que ceux qui savent avant d’avoir appris passent leur chemin…).

Globalement, ce stage avec Sylvain m’a permis d’augmenter la rationalité de mon approche…, en remettant les demandes en ordre : direction, trajectoire, allure, vitesse, même si j’ai aussi bien sûr poursuivi le travail sur les flexions en les intégrant dans une logique plus claire. Le gain se situe surtout au niveau de l’efficacité et de la précision des actions.

Côté chevaux, j’ai été étonnée de l’effet sur la masse musculaire, en particulier sur les muscles abdominaux. C’est logique en fait puisque le cheval se tient davantage dans les exercices d’assouplissement de l’épaule en dedans ou de la hanche en dehors… On a gagné aussi en flexibilité du rein, ce qui m’a permis de comprendre que l’engagement est non seulement une affaire d’angle sous la masse, mais aussi de souplesse pour prendre cette attitude et la quitter, chose à laquelle je n’étais pas assez attentive.

Le travail sur l’intention m’a fascinée. Quand on cherche la légèreté définie comme diminution drastique voire, au maximum, disparition, de gestes mécaniques visant l’obtention d’une action de la part du partenaire cheval (autrement dit, que le cheval se porte et agisse au maximum de lui-même dans une discussion muette et invisible avec son cavalier), travailler sur le développement de l’intention avant d’engager une action apporte des résultats étonnants, aussi bien dans le travail à pied que dans le travail monté. Et les aides secrètes ne sont plus un rêve…

Enfin, j’aimerais insister auprès de certains lecteurs, sur le fait que l’équitation est une relation, qu’elle met donc en jeu deux sujets, et que, par conséquent, si l’un des deux sujets (en particulier le sujet humain), n’est pas dans une approche globale de son être au monde, je ne vois pas trop comment il peut y avoir progression… J’ai eu le grand plaisir de passer 5 jours avec des gens de culture, qui réfléchissent sur eux-mêmes pour faire progresser leur relation aux compagnons chevaux et j’ai hâte de poursuivre ce travail. C’est sans fin, on pousse des portes invisibles, on monte d’une marche, mais l’escalier est infini, et l’ascension est si belle…

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